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Namur – conférence | Albert Jacquard | Vers l’Avenir | 17 avril 2007

Namur | conférence
Quand Albert Jacquard prône la collaboration

Albert Jacquard était hier à Namur pour y donner deux conférences.
600 jeunes sont allés l’écouter. La réflexion est lancée.

Quelque 600 étudiants étaient attendus hier après-midi au Théâtre royal de Namur pour venir y écouter une conférence d’Albert Jacquard.
Leurs établissements scolaires (l’Institut Notre Dame, Champion, l’Espena, l’Henac et l’école sociale) avaient répondu à l’invitation des organisateurs du Festival for Dignity, un événement dédié à 5 organisations belges luttant contre l’exclusion sociale, qui se déroulera principalement du 7 au 11 mai (nous y reviendrons).
L’humaniste français, économiste de formation, venait leur parler de son « Utopie… pour les enfants de demain ! ». Un monde sans compétition où les rencontres font la richesse de l’univers qui nous entoure.
Jouant de réflexions scientifiques, mathématiques, astronomiques, génétiques, théologiques, le conférencier a parlé aux jeunes du temps, de l’univers, de la vie, de l’être vivant. Pour leur expliquer d’où l’on vient et où l’on va, dans ce monde qui se complexifie et s’enrichit de jour en jour, notamment grâce à ce qu’en fait l’homme.
Reste que ce même homme va parfois un peu plus loin que ce que la nature avait prévu.
Car si la complexité du cerveau humain a permis aux hommes de se rencontrer et de s’enrichir, il a aussi stimulé un certain sentiment de compétition entre eux, les poussant alors à s’écarter l’un de l’autre.
Albert Jacquard prône l’éradication de l’attitude de la compétition. « On peut très bien imaginer une société sans palmarès. Notre objectif dans le futur, c’est de construire une société où on peut dire merci à tout le monde ».

Repenser la démocratie

Attentifs aux propos du conférencier, même si parfois, le discours était, selon les dires de certains, un peu trop scientifique, les étudiants ont demandé au conférencier quelles étaient les pistes qu’il prônait pour changer le monde.
« Il faut repenser la démocratie en donnant le pouvoir à ceux qui n’ont pas envie d’y être, à ceux qui l’atteindront presque malgré eux ».
Et de donner l’exemple du système médical. « On a tous, sur cette terre, un ennemi commun : la maladie. Nous nous devons de nous battre tous ensemble pour la contrer. Si nous adoptions un système sanitaire planétaire, où chacun a les mêmes chances d’être soigné, la maladie serait contrée.
Cela entraîne la nationalisation, voire la planétarisation de tous les laboratoires médicaux. Je trouve scandaleux qu’on brevette un médicament. On en arrive là parce que la raison économique prend le dessus. Tout est basé sur la notion de valeur. Quelle est la valeur d’un sourire, d’une belle rencontre ? Il faut dire aux économistes qu’ils n’ont rien à faire dans cette guerre sanitaire.
Nous devons prôner un esprit de collaboration et non un esprit de compétition. Si nous préparons nos enfants à vivre dans ce monde de compétition, nous les trompons. Car bientôt, il n’existera plus. »
Les théories n’ont pas toujours convaincu les étudiants présents, d’aucuns trouvant que le conférencier ne proposait pas assez de pistes pour améliorer notre monde. Mais Albert Jacquard a ouvert le débat. Et incité à la réflexion. Tel était le but des organisateurs de la conférence. L’objectif est atteint.

P.G.
Vers l’Avenir

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