Sylvie GEILENKIRCHEN
« La dignité naît en premier lieu dans le regard et l’attitude de
l’autre. Quelle que soit la situation – qu’il s’agisse par
exemple d’une rencontre fortuite dans la rue ou encore d’un contact
professionnel – peu de choses suffisent pour, sinon mettre en
confiance, du moins ne pas rendre impossible tout dialogue entre deux
personnes étrangères. Le regard des autres peut nous élever ou nous
rabaisser; j’ai la faiblesse de croire qu’il n’y a malheureusement
dans cette apparente évidence rien qui ne soit si évident que pour ne
pas être rappelé…Une main tendue, une réponse courtoise, un regard
franc plutôt que fuyant sont autant de gestes purement gratuits mais
tellement porteurs et positifs.
Ensuite, la dignité se construit ensemble. Nous avons collectivement
le pouvoir de créer un environnement générateur
de respect, de dignité. Une société ouverte, qui place en haut de sa
hiérarchie de valeurs la liberté, qui reconnaît chacun pour ce qu’il
est et l’aide en lui permettant de se réaliser et d’exprimer ses
talents, cette société appelle à la dignité. Voilà quelques lignes
directrices que nous ne pouvons nous permettre de négliger et
d’oublier, certainement pas comme responsables politiques.
Enfin, nous sommes bien évidemment les premiers dépositaires de la
dignité : non seulement celle des autres, comme je l’écrivais, mais
aussi et avant tout la nôtre. Ce n’est pas l’apologie de
l’individualisme que je fais ici, mais au contraire formuler la règle
de bon sens que les croyants traduisent librement par « aide-toi et le
ciel t’aidera »…
Sylvie GEILENKIRCHEN, le 27 04 2009.